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	<title>Qui se souvient d&#039;eux? &#187; Non classé</title>
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		<title>La jurisprudence Sousa Mendes</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2016 09:59:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[cirsdbadm]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Parmi les Justes de la Seconde Guerre mondiale, j’éprouve une tendresse particulière pour un homme dont le nom, injustement, n’est guère passé à la postérité, Aristides de Sousa Mendes. En juin 1940, Sousa Mendes est consul du Portugal à Bordeaux. A ce titre, il dispose d’un pouvoir exceptionnel, celui de délivrer des visas, qui représentent [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://carnets.ciremm.org/qui-se-souvient-d-eux/wp-content/uploads/sites/3/2016/01/Aristides_de_Sousa_Mendes-197x300.jpg"><img class=" size-medium wp-image-75 alignleft" src="http://carnets.ciremm.org/qui-se-souvient-d-eux/wp-content/uploads/sites/3/2016/01/Aristides_de_Sousa_Mendes-197x300-197x300.jpg" alt="Aristides_de_Sousa_Mendes-197x300" width="197" height="300" /></a>Parmi les Justes de la Seconde Guerre mondiale, j’éprouve une tendresse particulière pour un homme dont le nom, injustement, n’est guère passé à la postérité, Aristides de Sousa Mendes.</p>
<p>En juin 1940, Sousa Mendes est consul du Portugal à Bordeaux. A ce titre, il dispose d’un pouvoir exceptionnel, celui de délivrer des visas, qui représentent pour les bénéficiaires la possibilité de gagner le Portugal – pays neutre que le dictateur Salazar a souhaité tenir à l’écart du conflit – et donc, pour certains d’entre eux, une chance de sauver leur vie.</p>
<p>Avec l’avancée des armées allemandes, les réfugiés affluent à Bordeaux. Or Salazar a émis quelques mois plus tôt une circulaire qui complique la délivrance des visas en contraignant les ambassades à transmettre préalablement les dossiers à Lisbonne pour autorisa­tion. En temps de guerre l’exigence d’un tel détour revient à refuser toute délivrance de visa.</p>
<p>Transgressant cet interdit, Sousa Mendes décide d’en délivrer à quelques personnes en difficulté, dont un rabbin juif, Jacob Kruger, et sa famille avec lesquels il a sympathisé. Celui-ci fait alors remarquer à Sousa Mendes que, s’il veut être logique avec lui-même, il ne peut se contenter d’un acte isolé, mais doit le répéter pour les milliers de réfugiés qui ont rejoint Bordeaux, parmi lesquels des Juifs et des opposants au nazisme que menace l’approche des Allemands.</p>
<p>La première surprise de cette histoire est la réaction de Sousa Mendes. Face à la proposition de son ami, il va… se coucher et, pendant trois jours reste enfermé dans sa chambre sans donner de nouvelles. On peut supposer qu’il est tétanisé devant le dilemme auquel la remarque de Kruger l’a confronté et la gravité de la décision qu’il va devoir prendre.</p>
<p>Finalement sorti de sa chambre, Sousa Mendes déclare à ses proches et au personnel du consulat qu’il délivrera désormais des visas à tous ceux qui en feront la demande. Et tous, famille compris, se mettent au travail, signant à tour de bras tous les passeports qu’on leur tend, allant même, lorsque les passeports font défaut, jusqu’à utiliser des feuilles vierges.</p>
<p>Apprenant cette frénésie de signatures, Salazar destitue Sousa Mendes, mais celui-ci continue imperturbablement à délivrer des visas, se rendant même, pour en signer d’autres, à Bayonne et à Hendaye où se trouvent des annexes du consulat. En tout, en une dizaine de jours, Sousa Mendes et son équipe donneront environ 30 000 visas aux réfugiés de Bordeaux, ce qui en fait sans doute le recordman de sauvetage de vies humaines pendant la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>Contrairement à ce qu’espérait Sousa Mendes, qui pensait – ou feignait de croire – que son action était conforme à la tradition d’hospitalité du Portugal, Salazar ne lui pardonnera jamais sa désobéissance. Destitué par le dictateur, le consul de Bordeaux finira ses jours dans la pauvreté avant d’être fait Juste parmi les nations par le mémorial de Yad Vashem en 1966, puis réhabilité tardivement par le gouvernement socialiste de Mario Soares en 1986.</p>
<p>Il n’est pas tout à fait exact de dire de Sousa Mendes, comme je l’ai fait plus haut, qu’il est resté trois jours dans sa chambre pour résoudre un dilemme. Car ce choix n’existait que dans son esprit. Un diplomate n’a pas à redéfinir pour son propre compte la politique étrangère de son pays, il est là pour appli­quer, en effaçant sa personne, les ordres du gouvernement qu’il représente et il peut s’estimer de ce fait déchargé de toute responsabilité quant au sort de ceux à qui il refuse des visas. Telle a été en tout cas, à quelques exceptions notables près, la position de la grande majorité des diplomates en poste pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui ont considéré qu’il ne leur appartenait pas de prendre des initiatives personnelles.</p>
<p>L’autre raison pour laquelle il n’y a pas véritablement de dilemme est que les réfugiés qui demandent des visas en juin 1940 sont davantage en danger virtuel que réel. Si nombre d’entre eux, à commencer par les Juifs, peuvent légitimement avoir des craintes quant à leur sort, la solution finale n’est pas encore en place et il faut un effort d’imagination à Sousa Mendes pour décider d’étendre sa protection à des personnes qui ne seront menacées que dans le futur. Ce n’est pas à des conséquences directes d’un acte qu’il est confronté, mais à ses suites vraisemblables, avec toutes les incertitudes que son calcul suppose.</p>
<p>Ce qui est remarquable avec Sousa Mendes, quand il décide de créer sa propre politique étrangère, est qu’<em>il invente un dilemme</em>. En ce sens, le problème qu’il pose dépasse celui de la désobéissance, classique dans l’analyse des criminels de bureau. Les ordres qui lui sont donnés, même s’ils témoignent d’un manque de générosité, ne sont pas intrinsèquement criminels et il ne peut en être tenu pour responsable. Mais il considère que toute décision à laquelle il est associé l’engage et qu’il a, quelles que soient les circonstances, son mot à dire.</p>
<p>L’acte insensé de Sousa Mendes repose sur cette idée que nous ne pouvons, sauf à accepter d’être dépossédés de notre place de sujet, nous déchar­ger d’aucune responsabilité quant aux actions auxquelles nous participons, aussi minimes soient nos fonctions et indécises leurs conséquences. Telle est la raison pour laquelle, à l’heure où la France met tant de mauvaise volonté à accueillir les réfugiés, son histoire mérite d’être connue et enseignée, et pourquoi il devrait être permis, quand on nous demande de nous effacer devant des décisions contestables prises en notre nom, d’invoquer la jurisprudence Sousa Mendes<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Certains éléments de ce récit sont empruntés au livre de référence de José-Alain Fralon, <em>Aristides de Sousa Mendes. Le Juste de Bordeaux</em>, Mollat, 1998.</p>
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		<title>…ET  LES  NAMAS</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jun 2015 10:33:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[pierre-bayard]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[L’expression de « premier génocide du XXe siècle » est fréquemment revenue ces derniers temps à l’occasion des cérémonies qui ont accompagné la célébration du génocide des Arméniens. Si la qualification de génocide ne fait dans ce cas question pour personne, hormis en Turquie, l’adjectif qui l’accompagne mérite d’être utilisé avec prudence. Car il y a les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://carnets.ciremm.org/qui-se-souvient-d-eux/wp-content/uploads/sites/3/2015/06/Witboi.jpg"><img class=" size-medium wp-image-66 alignleft" src="http://carnets.ciremm.org/qui-se-souvient-d-eux/wp-content/uploads/sites/3/2015/06/Witboi-300x292.jpg" alt="Witboi" width="300" height="292" /></a></p>
<p>L’expression de « premier génocide du XXe siècle » est fréquemment revenue ces derniers temps à l’occasion des cérémonies qui ont accompagné la célébration du génocide des Arméniens. Si la qualification de génocide ne fait dans ce cas question pour personne, hormis en Turquie, l’adjectif qui l’accompagne mérite d’être utilisé avec prudence.</p>
<p>Car il y a les Hereros. Comme tous ceux qui travaillent sur les génocides et les meurtres de masse, j’avais entendu parler d’eux en ne sachant à peu près rien de ce peuple du sud de l’Afrique, sinon que les Allemands les avaient exterminés au début du XXe siècle, dans des conditions qui préfiguraient la destruction des Juifs d’Europe. Et il m’est arrivé comme à beaucoup d’autres d’employer l’expression « génocide des Hereros ».</p>
<p>C’est le mérite du livre d’Elisabeth Fontenaille-N’Diaye, <em>Blue Book<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><strong>[1]</strong></a></em>, que de nous rappeler dans quelles circonstances les Allemands, après avoir tenté de coloniser l’actuelle Namibie – à l’époque le « Sud-Ouest africain allemand » – en achetant les terres des indigènes, ont finalement, pour mettre fin à une révolte locale, envoyé un corps d’armée, sous la direction du général von Trotha, qui a exterminé les Hereros en les décimant par les armes, en les faisant périr de soif dans le désert du Kalahari, en les enfermant enfin dans des camps qui annoncent ceux du Troisième Reich. Ainsi périrent approximativement, dans des conditions atroces, quelque 60 000 Hereros.</p>
<p>Et 20 000 Namas. Car le livre d’Elisabeth Fontenaille-N’Diaye montre bien que ce sont en fait deux peuples distincts, et qui de surcroît se faisaient la guerre, que les troupes allemandes ont décimés. Lorsque les colons allemands débarquent, les Hereros acceptent de leur céder quelques terres, mais les Namas – sous la conduite d’un personnage charismatique, Hendrick Witbooi – se refusent obstinément à toute concession. Pour tenter de les faire plier, les Allemands se livrent alors à un premier mas­sacre en 1893, à Hoornkrans, qui fait une centaine de victimes.</p>
<p>L’année suivante, le gouverneur du Sud-Ouest africain allemand, Theodor Leutwein, parvient à les convaincre de signer un traité de paix conditionnel, mais les Namas se soulèvent à nouveau en 1904 pour soutenir les Hereros. Lorsque ceux-ci sont défaits, les Namas continuent pendant des années, y compris après la disparition de leur chef en 1905, à se livrer à des actions de guérilla désespérées contre les Allemands. Les survivants rejoindront les Hereros déportés sur l’île concentrationnaire de Shark Island.</p>
<p>Ayant retrouvé un exemplaire du « Blue book » – dans lequel un magistrat intègre, O’Reilly, avait consigné les horreurs commises par les Allemands dans le Sud de l’Afrique –, Elisabeth Fontenaille-N’Diaye nous a fait entendre la voix d’Hendrick Witbooi, devenu un héros national en Namibie, à travers une lettre envoyée à Theodor Leutwein, qui lui demandait pourquoi il se rebellait :</p>
<p><em>Les raisons remontent à longtemps.</em></p>
<p><em>Comme vous l’avez écrit dans votre lettre, j’ai pu observer vos lois pendant dix ans. Les âmes de ceux qui, pendant ces dix années (de toutes nations confondues), sans cause ni culpabilité, sans aucune guerre, sont tombés en temps de paix dont les accords avaient été signés, ces âmes pèsent lourdement sur mes épaules. […] Une fois que vous aurez lu cette lettre, je vous prie de vous asseoir calmement et de contempler, de contempler le nombre d’âmes qui sont tombées depuis ce jour où vous avez posé le pied sur cette terre. Comptez aussi les mois, les semaines, les jours, les heures et les minutes de ces années durant lesquelles ces gens sont morts. En outre, je vous en conjure : Votre Honneur, ne m’appelez pas un rebelle<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a></em>.</p>
<p>Je ne doute pas que les spécialistes du Sud de l’Afrique, et en particulier de la Namibie, connaissent parfaitement tous ces faits. J’observe tout de même que parmi les collègues spécialistes des meurtres de masse que j’ai interrogés ces derniers temps, tous m’ont répondu avoir entendu parler des Hereros, mais aucun des Namas. Tout se passe comme si le recours à l’expression « génocide des Hereros » avait eu pour résultat involontaire de supprimer une deuxième fois la mémoire de tout un peuple.</p>
<p>Une conjonction de coordination peut faire beaucoup, non seulement pour garder cette mémoire, mais pour encourager les recherches, modifier les manuels, aider – rêvons un moment – aux demandes de réparation, faire un signe aux survivants et aux disparus. Sans trancher dans le débat de savoir s’il y eu au début du siècle précédent, dans le Sud de l’Afrique, massacre ou génocide, j’encourage tous ceux qui évoqueront désormais les Hereros à prendre une seconde supplémentaire pour ajouter à la fin de leur phrase : « …Et les Namas. »</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Calmann-Lévy, 2015.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> <em>Op. cit.</em> , p. 205.</p>
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		<title>Qui se souvient d&#8217;eux ?</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jun 2015 09:55:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[cirsdbadm]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Il ne s’agira pas seulement ici de rappeler l’histoire de peuples disparus, de victimes oubliées ou de Justes méconnus, mais aussi de réfléchir sur les processus de la mémoire et de l’oubli, sur nos relations avec les morts et nos devoirs à leur égard, sur le statut des fantômes et la manière dont ils font [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://carnets.ciremm.org/qui-se-souvient-d-eux/wp-content/uploads/sites/3/2015/06/Novak_PastLives_web.jpg"><img class="alignleft wp-image-58 size-full" src="http://carnets.ciremm.org/qui-se-souvient-d-eux/wp-content/uploads/sites/3/2015/06/Novak_PastLives_web.jpg" alt="" width="320" height="395" /></a>Il ne s’agira pas seulement ici de rappeler l’histoire de peuples disparus, de victimes oubliées ou de Justes méconnus, mais aussi de réfléchir sur les processus de la mémoire et de l’oubli, sur nos relations avec les morts et nos devoirs à leur égard, sur le statut des fantômes et la manière dont ils font retour dans nos vies.</p>
<h6>Lorie Novak,<em> Vies passées (pour les enfants d’Izieu)</em>,1987 &#8211; Courtesy Lorie Novak</h6>
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